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FAQ – Réservations

Réservations eMEDICS.space

Comment faire une réservation ?

Réserver en quelques clics votre femme de ménage est très simple :

  1. Entrez votre code postal ou recherchez en utilisant la map google
  2. Donnez-nous quelques détails sur votre réservation et indiquez la date et l’heure à laquelle vous aimeriez que votre employé de ménage vienne. Les créneaux disponibles apparaissent en temps réel.
  3. Payez en ligne de manière sécurisée.

Une confirmation vous sera envoyée et votre appartement sera nettoyé conformément à vos indications.

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Combien d’heures dois-je réserver ?

Vous choisissez le nombre d’heures de votre choix.


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Vous pouvez effectuer des changements sur toutes vos réservations en allant sur votre compte ou demander la modification à votre aide à domicile.


Que se passe-t-il après que j’ai effectué une réservation ?

Après avoir reçu une confirmation par email de notre part, l’employé de service (ménage, soins…) se présente à votre domicile pour effectuer le travail.


Comment changer la date d’une réservation ?

Vous pouvez effectuer des changements sur toutes vos réservations en allant sur votre compte ou contacter votre employé de services à domicile.


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Vous pouvez annuler une réservation  jusqu’à 48 heures avant l’exécution d’un menage.


Comment puis-je demander une femme de ménage déjà réservée auparavant ?

Il suffit de réserver des heures de ménage sur le profilte de cet employé de ménage.


Puis-je changer le nombre d’heures que j’ai réservé ?

Oui, vous pouvez. Mais si vous supprimez des heures, votre employé de ménage ne pourra peut-être pas finir complètement son travail. Si vous en rajoutez, votre employé de ménage ne sera peut-être plus disponible, auquel cas une nouvelle réservation doit avoir lieu pour répondre à vos besoins.


Puis-je changer l’adresse du lieu où va se dérouler le ménage ?

Une fois qu’une réservation est confirmée pour une adresse, il n’est plus possible de changer d’adresse car alors votre employé de maison risque de ne plus être le même. Si vous changez d’adresse suite à un déménagement, veuillez nous contacter et l’on trouvera une solution pour vous.


Puis-je réserver à la dernière minute ?

Oui si l’employé de ménage est disponible et accepte votre offre.


Que se passe-t-il si je ne suis pas satisfait par un nettoyage?

Vous pouvez ajouter un commentaire sur le profile de l’employé de ménage et partager toute satisfaction ou insatisfaction sur le service donné. Nous vous conseillons de regarder les commentaires avant de choisir le bon employé de ménage.


 

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Le dossier électronique du patient sur les rails en Suisse romande

ribourg et le Jura doivent décider prochainement de rejoindre la plateforme romande visant à mettre en place le dossier électronique du patient. C’est un pas important vers la réalisation des objectifs de la loi fédérale.

Le Grand Conseil fribourgeois se prononcera dans dix jours sur un crédit de 4,5 millions de francs, alors que le gouvernement jurassien vient de transmettre son message au Parlement cantonal afin de rejoindre à son tour l’Association romande du dossier électronique du patient (Cara).

Née le printemps dernier sous l’impulsion des cantons de Genève, Vaud et du Valais, cette dernière est chargée de concrétiser la collaboration intercantonale romande dans le domaine de la cybersanté. Son objectif est de poursuivre et d’étendre la mise en place du dossier électronique du patient. A terme, et par un meilleur partage de l’information, elle doit permettre d’améliorer la qualité de la prise en charge médicale, la sécurité des patients et l’efficacité du système de santé.

Les médecins appelés à jouer le jeu

Pour Nicolas Pétremand, chef du Service de la santé publique jurassien, on peut véritablement parler de révolution dans ce domaine. “La Suisse romande crée une communauté de référence”, explique-t-il. “Environ 2 millions d’habitants pourront potentiellement rejoindre ce réseau. Et c’est essentiel que les cantons jouent un rôle dans la mise en place d’un système de partage d’informations sécurisé pour que les patients soient servis au mieux, indépendamment de leur lieu de résidence ou du lieu de survenance d’un accident ou d’une maladie.”

Chaque canton conservera son autonomie, mais la collaboration va permettre de partager les expériences déjà menées dans ce domaine et de réaliser des économies d’échelle sur les coûts liés à la plateforme et à sa certification.

Reste encore à y intégrer un maximum d’acteurs de la santé. “C’est vraiment essentiel que les médecins, les hôpitaux, les EMS et les soins à domicile soient intégrés dans toutes ces réflexions”, souligne Nicolas Pétremand. C’est le cas déjà dans le canton du Jura, et bientôt au niveau romand. La loi fédérale n’oblige pas les médecins à y participer, “mais on pense qu’il est absolument essentiel que ceux-ci – à titre privé – participent et adhèrent à cette façon de partager l’information pour le bien du patient”, relève encore le chef de service jurassien.

Neuchâtel fait bande à part

Grand absent pour l’heure, le canton de Neuchâtel a choisi de créer sa propre communauté de référence. Pour ce faire, un crédit de 3 millions de francs a été adopté par le Grand Conseil en septembre 2017, indique la Chancellerie cantonale. Cette démarche ne ferme pas la porte à une éventuelle adhésion à la communauté romande Cara dans un deuxième temps.

Gaël Klein/oang

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Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social.

Par Alexandre Haederli et Catherine Boss, Tribune de Genève

 

Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social.

Une analyse des statistiques des établissements médicaux sociaux révèle que Genève détient le record de Suisse du taux d’occupation. Les données de 2016, les plus récentes, indiquent que l’occupation moyenne des EMS du canton a dépassé les 100%. Un chiffre qui peut s’expliquer par l’ajout de lits temporaires. Tous les cantons romands affichent un taux extrêmement élevé, entre 98% et 100%, largement au-dessus de la moyenne suisse de 94%.

Si la saturation des EMS genevois n’est pas nouvelle, elle n’en est pas moins préoccupante. L’une des conséquences: actuellement 180 personnes séjournent aux Hôpitaux universitaires (HUG) en attendant leur transfert en EMS. Des personnes trop faibles pour être renvoyées chez elles, mais qui n’auraient pas besoin d’être à l’hôpital. Une cinquantaine d’entre elles occupent des lits dévolus aux personnes nécessitant des soins aigus. Les autres ont été placées dans des sortes d’EMS temporaires, créés au sein des HUG. À titre de comparaison, dans le canton de Vaud, le CHUV n’héberge «que» 21 personnes en attente d’un transfert en EMS.

Le Canton se montre serein

De nombreux autres Genevois attendent chez eux une place en EMS. Il n’existe pas de liste d’attente centralisée, mais la Fédération genevoise des établissements médico-sociaux (FEGEMS) estime qu’ils seraient environ 200. «Le problème, c’est que si ces personnes attendent trop longtemps, leur entrée en EMS ne se fera pas dans des bonnes conditions», explique la secrétaire générale Anne-Laure Repond.

La situation ne semble pas préoccuper le Département de la santé (DEAS), qui met en avant une récente création de lits, pas encore prise en compte dans les statistiques fédérales. «Avec 106 nouveaux lits en 2016 et 132 en 2017, l’accroissement du nombre de lits correspond actuellement au besoin de la population âgée», chiffre Laurent Paoliello, secrétaire général adjoint. Une évolution bienvenue, mais insuffisante pour la FEGEMS. «À chaque ouverture d’établissement, la situation se détend pendant deux ou trois mois, mais cela ne dure pas», observe Anne-Laure Repond. Et surtout, aujourd’hui, il n’y a pas ou peu de nouveaux projets – alors qu’il faut facilement compter une dizaine d’années pour les réaliser.

Impact des soins à domicile

«La densification urbaine et le coût foncier élevé du canton de Genève freinent les projets d’investissements immobiliers. En particulier dans le secteur des EMS qui sont des institutions sans but lucratif et pour lesquelles existent des contraintes architecturales», souligne le DEAS. Le besoin en lits sera réévalué lors de la rédaction de la planification sanitaire 2020-2023. Un exercice particulièrement complexe puisque ce développement doit aussi tenir compte du désir d’un nombre important de personnes de pouvoir vieillir à domicile et intégrer le développement des structures dites «intermédiaires», comme les immeubles avec encadrement.

En matière de soins à domicile ainsi que de structures intermédiaires justement, Genève, et plus généralement la Suisse romande, fait figure de pionnière. «D’un côté, c’est un exemple, souligne Andreas Christen, économiste à Credit Suisse et auteur d’une étude sur le secteur des EMS. D’un autre côté, il y a des voix plus critiques qui estiment qu’une occupation trop élevée peut empêcher une concurrence entre établissements du point de vue de la qualité de la prise en charge. Pour les personnes âgées, c’est évidemment mieux d’avoir une certaine liberté de choix.»

La situation genevoise contraste avec celle régnant en Suisse alémanique, où plusieurs cantons ont vu leur taux d’occupation baisser ces dernières années. Selon les experts, c’est encore à Genève que l’offre devrait croître le plus fortement au niveau suisse ces prochaines années. «Avec près de 4000 lits supplémentaires, nous estimons que la région économique de Genève enregistrera la plus grande extension de l’offre d’ici à 2040», écrit Credit Suisse.

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Communiquer par courrier électronique avec son médecin?

Par Dr. Jean Gabriel JEANNOT
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Mon expérience

Je communique quotidiennement avec mes patients par courrier électronique, je ne pourrais simplement plus m’en passer. Mes patients l’utilisent pour me poser des questions ou pour me donner des nouvelles. J’utilise l’e-mail pour leur transmettre les résultats de leur prise de sang ou le rapport d’un spécialiste consulté.

Pour moi, le courrier électronique est un bon complément à la consultation et au téléphone. Si l’échange par téléphone à l’avantage de permettre une interaction directe, le mail a celui  de pouvoir être envoyé et lu  à n’importe quel moment. J’ai le sentiment que cela permet à mes patients de me poser des questions pour lesquelles ils ne me dérangeraient pas par téléphone.  Je suis aussi convaincu qu’un patient comprendra mieux les informations médicales que je lui envoie par mail s’il peut les lire et les relire plutôt que si je les lui transmets uniquement oralement par téléphone (analyses sanguines, rapport de radiographie, rapport de spécialiste, etc.).

Pour que l’utilisation du courrier électronique à des fins médicales soit sans danger, plusieurs règles doivent être respectées. C’est pour cette raison qu’au bas de chacun des mails que j’envoie figure un lien vers des règles d’utilisation du courrier électronique , règles inspirées de recommandations officielles.

 

L’utilisation du courrier électronique en Europe

Il n’existe à ma connaissance pas de chiffres sur l’utilisation du courrier électronique entre médecins et patients en Suisse. Au niveau européen, une étude basée sur des chiffres de 2011 montre que la situation varie fortement d’un pays à l’autre, de 50.7 % d’utilisation au Danemark à 18.7 % en France. Les auteurs concluent en disant que la faible utilisation du courrier électronique dans certains pays ne reflète souvent pas un manque d’intérêt mais la présence de barrières, techniques ou légales. La situation semble évoluer avec le temps puisqu’un sondage effectué en France en 2015 auprès de 1042 médecins montre un taux d’utilisation de 72 %, très éloigné du 18.7 % de l’étude européenne. Il faut cependant souligner que pour la majorité de ces médecins, l’échange de courrier avec leurs patients n’est pas encore une pratique quotidienne, 11 % déclarant l’utiliser souvent, 61 % parfois.

 

Une pratique utile ?

Une étude publiée en 2015 portant sur 1041 patients souffrant d’affections chroniques en Caroline du Nord apporte des chiffres intéressants : 32 % des patients déclarent que l’utilisation du courrier électronique améliore leur santé, 67 % répondent que cela n’est ni positif, ni négatif, seul 1 % affirme que l’utilisation du courrier électronique a un impact négatif. 46% des personnes interrogées ont déclaré utiliser le courrier électronique comme premier moyen de pour contacter leur médecin. Parmi ceux qui échangent par mail avec leur médecin, 36 % affirment que cela réduit pour eux le nombre de visites au cabinet.

La source d’informations la plus intéressante sur les avantages et dangers de l’utilisation du courrier électronique entre soignant et soigné est certainement l’article Should patients be able to email their general practitioner? publié en 2015 dans le British Medical Journal. Un médecin en faveur de l’utilisation du courrier électronique  et un autre contre cette pratique  s’opposent, chacun citant les études qui appuient sa position.

Pour ce qui est des arguments positifs, on y apprend que « les études effectuées  n’ont pas montré que l’utilisation du courrier était dangereuse, même si des études de qualité manquent encore ». Un autre point me paraît essentiel, les études qui se sont intéressées à l’avis des patients montrent que la satisfaction des patients qui échangent avec leur médecin par mail est généralement élevée, un élément important.

Il est surprenant de découvrir que personne ne mentionne le fait que l’email peut être envoyé à plusieurs destinataires simultanément, une option très utile pour une médecine qui fonctionne toujours plus en réseau.

Pour ce qui est des arguments contre l’utilisation de l’e-mail, on retiendra le fait qu’aucune étude n’a montré que son utilisation avait un impact sur la santé des patients. Mais aussi le fait que le téléphone, qui permet un échange immédiat, lui serait supérieur. Des arguments, pour être honnête, qui ne m’impressionnent pas beaucoup.

Un argument négatif doit par contre être pris au sérieux, le risque pour le médecin d’être noyé sous les e-mails, au risque de surcharger des journées déjà bien remplies.

 

« Certains matins, j’avais jusqu’à 50 mails à traiter… »

Une jeune généraliste française épuisée a récemment dû prendre des mesures radicales  pour survivre, elle a notamment décidé de fermer sa messagerie électronique :

 « Certains matins, j’avais jusqu’à 50 mails à traiter, des patients qui m’envoyaient une photo de leur panaris et qui me demandaient une ordonnance à récupérer le midi… C’était devenu impossible ».

Cet exemple, même s’il dénonce une situation qui va bien au-delà de la problématique du courrier électronique, rappelle aux patients qui souhaitent communiquer par mail avec leur médecin que cela implique le respect de certaines règles et aux médecins qui se lancent dans l’aventure que cela prend du temps.

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Bonne année 2018!!!

Voici une nouvelle chance pour un départ dynamique! Heureuse année 2018 de la part du personnel d’eMEDICS.org!

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Migros s’attaque au marché médical

Les Genevois pourront se rendre à la Migros de Cornavin pour remplir leur panier de commissions… ou pour se faire soigner. Le géant orange a en effet choisi la gare pour déployer ses activités médicales à Genève. Dans un espace de 760 m2, se regroupent des cabinets médicaux et un centre d’urgences. Avec pour l’instant six généralistes et un chirurgien orthopédique à bord. A terme, ils seront une dizaine.

Ce cabinet de groupe baptisé Medbase représente une première en Suisse romande. Il vient compléter une offre de 35 centres établis en Suisse alémanique. Pourquoi la chaîne de supermarchés investit-elle dans la santé? «Migros a décidé d’élargir son champ d’action en conformité avec ses statuts, explique le Dr Marc Cikes, patron de Medbase Romandie. Dès le départ, le fondateur Gottlieb Duttweiler voulait faire autre chose que de la vente au détail. Il entendait se mettre au service du bien-être de la population» (lire ci-contre). Et de rappeler que le géant orange investit également dans l’enseignement et la culture, via ses écoles-club et le Pour-cent culturel.

Bénéfices réinvestis

Business juteux, la santé ne représente-t-elle pas un moyen de gagner de l’argent? «Migros est une coopérative, rétorque Marc Cikes. Tous les bénéfices sont réinvestis, nous n’avons pas d’actionnaires à servir. Du reste, l’exploitation d’un cabinet médical ne représente pas un domaine extrêmement lucratif.»

Quelle clientèle vise-t-on dans une zone de transit où naviguent des populations de toutes sortes? «Nous ciblons les habitants du quartier et les nomades urbains qui passent par Cornavin et apprécieront d’accéder à une offre de santé», répond Marc Cikes. Selon lui, cette nouvelle offre – qui s’ajoute à une palette médicale fort riche à Genève – ne contribuera pas à la hausse des coûts de la santé. Migros a regroupé des médecins qui exerçaient déjà ailleurs, auxquels s’ajoutent deux docteurs venus des Hôpitaux universitaires. «On les a convaincus de nous rejoindre car notre groupe n’est pas mû par l’appât du gain. Nous nous centrons sur les besoins réels des patients. De plus, nous offrons une grande flexibilité dans les horaires, les médecins peuvent travailler à temps partiel sans s’acquitter de charges pleines.»

«Pas de soins M-Budget»

Medbase ambitionne même d’infléchir l’augmentation des coûts. Comment? En établissant des coopérations avec d’autres acteurs de la santé. «Nous voulons travailler sur la qualité, coordonner le suivi des patients, éviter des soins inutiles et des gestes superflus, en nouant des accords avec les hôpitaux, des cabinets de radiologie, des laboratoires et aussi le réseau Delta.»

Interrogé, le représentant des médecins n’est pas hostile à la venue de ce nouvel acteur. «Je n’y vois pas d’inconvénient, a priori c’est un acteur comme un autre», réagit le Dr Michel Matter. Le président de l’Association des médecins de Genève soulève toutefois des questions. «Migros va-t-il vouloir grandir et s’imposer dans le secteur de la santé? Verra-t-on nos données médicales enregistrées sur nos cartes cumulus? A terme, aurons-nous une assurance-maladie, une pharmacie Migros? Attention à la protection des données!» Le médecin met également en garde contre «une médecine M-Budget. Nous devons être attentifs à la qualité et à la formation des médecins. Ce n’est pas parce que l’on est dans une gare qu’il faut se diriger vers une médecine light ou rationnée.»

Situé en face du magasin, le groupe médical accueillera des patients avec ou sans rendez-vous, du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h et jusqu’à 21 h dès le mois de mai. Une ouverture les samedis et dimanche est également envisagée. A noter que Migros prévoit d’ouvrir d’autres centres en Romandie: à l’automne 2018 en gare de Lausanne puis fin 2019 dans la gare CEVA de Lancy-Pont-Rouge.

(Tribune de Genève)

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Les aînés créent des emplois et les soins vont changer

Tribune de Genève – Les aînés créent des emplois. Face au vieillissement, les soins vont changer. En quantité, mais aussi en qualité.

Le signe ne trompe pas. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) viennent d’inaugurer des nouvelles urgences gériatriques, destinées aux patients de 75 ans et plus qui ne sont pas en urgence vitale. Une première en Suisse, voire en Europe. Au rythme actuel, notent les HUG, il y aura 45 000 personnes de plus de 80 ans à Genève en 2040, alors qu’elles sont environ 25 000 aujourd’hui. Sur l’ensemble de la Suisse, on estime que 670’000 personnes prendront leur retraite jusqu’en 2030, soit une hausse de 45%. Comment ces aînés seront-ils pris en charge?

Boom des soins à domicile

Le changement est déjà à l’œuvre. Entre 2000 et 2014, le nombre de professionnels dans les soins et l’accompagnement a crû de 13,9%, tous secteurs confondus. Les détails, publiés dans un rapport de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé (CDS) et de l’Organisation nationale faîtière du monde du travail en santé (OdASanté), montrent l’importance du vieillissement dans cette évolution: l’augmentation du personnel était de 11,9% dans les hôpitaux, 13,2% dans les EMS et 20,8% dans les soins à domicile. On le sait, la main-d’œuvre établie en Suisse ne suffit pas pour répondre à ces besoins. Ainsi, sur cinq infirmiers accédant au marché du travail en Suisse, deux ont un diplôme étranger. Mais attention: nos voisins affrontent les mêmes évolutions et ont les mêmes besoins que nous!

Plus de diplômés

Ce flux d’étrangers risque-t-il de se tarir? Pour les autorités, la formation et le maintien de professionnels dans le secteur de la santé sont des priorités. Avec un certain succès puisque, ces dernières années, les jeunes sont plus nombreux à s’intéresser à ces métiers. Entre 2010 et 2014, le nombre de diplômes de fin d’études a augmenté de 30% dans les professions des soins, de 50% dans les professions médico-techniques (comme la radiologie, l’analyse biomédicale ou les techniciens en salle d’opération) et médico-thérapeutiques (ergothérapeutes, physiothérapeutes, diététiciens…).

Besoins en hausse

La nouvelle est bonne, certes. Mais l’optimisme est rapidement douché: ces efforts sont insuffisants. Selon la CDS et l’OdASanté, les diplômes dans les professions de la santé couvrent à peine 60% de la relève annuelle nécessaire. Côté prévision, l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), qui a lui aussi publié un rapport sur le sujet en septembre, annonce un besoin supplémentaire d’environ 65 000 professionnels dans les soins et l’accompagnement d’ici à 2030 (voir graphique ci-contre). Là encore, la hausse la plus forte est prévue dans les soins à domicile (57%) et dans les EMS (44%).

Métiers en mutation

Le changement n’est pas seulement quantitatif. Les professions de la santé sont aussi en mutation. «A l’avenir, on continuera de s’occuper et de soigner les aînés, mais cela se fera autrement, estime Peter Burri, directeur communication et marketing chez Pro Senectute. Les infirmiers n’auront pas forcément le même matériel à disposition. Il faudra peut-être installer des robots, et des gens pour les entretenir.» Laurent Vanhove vit déjà cette révolution domotique. Cet ergothérapeute travaille chez DomoSafety, une start-up de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui propose des capteurs pour analyser le comportement des personnes âgées à domicile. Ces appareils, précise-t-il, fournissent des informations objectives sur le comportement des patients. Ce qui permet ensuite au praticien d’adapter la prise en charge.

Nouvelles formations

Des nouveaux certificats voient également le jour. L’apprentissage d’assistant en soins et santé communautaire (ASSC), apparu en 2004, est intégré depuis 2009 dans le système fédéral de formation. Après trois ans de formation, ces diplômés accompagnent et prennent en charge au quotidien des personnes tributaires de soins. En 2010, on recensait 2583 diplômés. En 2014, ils étaient 3710. Après les employés de commerce et le commerce de détail, c’est l’une des formations initiales les plus choisies en Suisse.

D’autres exemples? La première session de l’examen fédéral d’assistant spécialisé en soins de longue durée et accompagnement aura lieu ce mois de novembre. Ces professionnels suivront des patients en gériatrie, en psychogériatrie et en soins palliatifs. Le CFC d’acousticien en systèmes auditifs, d’une durée de trois ans, a débuté cet été. Et l’OdASanté est en train d’élaborer des examens professionnels supérieurs de soins en gérontologie et de soins psychogériatriques.

Responsabilité individuelle

Côté perspectives de carrière, l’OdASanté insiste sur la perméabilité entre les formations. «Les personnes qui obtiennent aujourd’hui un CFC ont toutes les chances de se former plus tard à une profession sanitaire du degré tertiaire», résume son secrétaire général, Urs Sieber. Une façon d’encourager les vocations, même si les spécialistes ne se font pas d’illusions: «Il n’est pas réaliste de penser que la Suisse pourra un jour couvrir ses propres besoins en personnel de santé en se concentrant uniquement sur la formation, relève Annette Grünig, cheffe de projet à la CDS. Il faudra donc trouver d’autres pistes, comme de nouveaux systèmes de prise en charge, et renforcer la prévention.»

hausse des besoins en personnel soignant en Suisse avec des aînés qui vivent plus longtemps

A l’entendre, les aînés eux-mêmes verront leur vie changer. Lorsqu’on lui demande comment la situation pourrait évoluer dans les vingt prochaines années, Annette Grünig prédit que les personnes âgées seront assistées le plus longtemps possible à la maison (avec une aide professionnelle, mais aussi une entraide entre voisins) ou dans des structures ambulatoires. Selon elle, seule une minorité de la population pourra s’offrir un séjour en EMS ou un accompagnement permanent de professionnels. Elle espère que les patients chroniques auront les moyens de gérer leur maladie de manière autonome, ce qui réduira le recours aux médecins. Et de prédire encore que, dans cette configuration, les infirmiers spécialisés joueront un rôle central. Un métier d’avenir, c’est certain.

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Conditions de travail du personnel pointées du doigt

Conditions de travail – Le syndicat Unia a déploré mercredi les conditions de travail du personnel soignant à domicile. Le manque de personnel mais aussi la course au profit qui nuit à la qualité des soins sont pointés du doigt.

Les conditions de travail se détériorent et les soins prodigués sont rationalisés, fractionnés en actes médicaux minutés. Tout ce qui n’est pas mesurable, comme le temps de discuter avec le patient, est supprimé, déplore Unia. A ceci s’ajoute l’augmentation du nombre de tâches, notamment bureaucratiques, à gérer.

Dans son “manifeste pour des soins et un accompagnement de qualité”, Unia réclame davantage de conventions collectives de travail pour garantir une meilleure situation pour les employés.

Faire face à la pénurie

Le syndicat relève “le faible taux d’organisation syndicale” dans la branche. Des groupes Unia dans le secteur des soins ne sont présents que dans neuf cantons. En Suisse romande, seul Genève en dispose. Le syndicat revendique aussi un meilleur accès aux établissements et aux écoles.

>> Unia-Genève songe à une initiative de mise en oeuvre pour la prise en charge des personnes âgées:

Giulia Willig, secrétaire syndicale responsable des professions de la santé à Unia-Genève.
Le Journal du matin – Publié le 11 février 2016

Unia demande aussi aux cantons de se donner les moyens d’avoir des institutions médicales suffisamment dotées en personnel soignant pour faire face à la pénurie dans le secteur.

Le syndicat Unia et l’association «Zu Hause leben» ont adopté la nouvelle CCT alémanique de la branche privée de l’accompagnement non médical à domicile. Elle règle les conditions de travail dans ce secteur en croissance rapide, fixe des salaires minimaux ainsi que la durée du travail et du repos, et garantit une prise en charge de qualité. Les partenaires sociaux proposent au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) de déclarer cette CCT de force obligatoire.

La convention collective de travail (CCT) négociée par l’association faîtière de branche «Zu Hause leben» et le syndicat Unia donne un signal fort dans une branche qui, ces dernières années, a connu un essor considérable et où certains prestataires ont défrayé la chronique. Il s’agit des entreprises et agences privées non reconnues d’utilité publique qui, en Suisse alémanique, assurent la prise en charge non médicale des personnes âgées à domicile.

 

Les points-clés de la nouvelle CCT sont les suivants:

  • fixation de salaires minimaux (le plus bas salaire passant progressivement à 22 francs par heure jusqu’en 2018) et introduction du 13e salaire;
  • reconnaissance salariale de l’expérience professionnelle, de la formation et du perfectionnement;
  • réglementation des heures de travail et des périodes de repos, y c. indemnisation du temps de déplacement et du service de piquet;
  • assurance obligatoire d’indemnités journalières en cas de maladie;
  • encouragement du perfectionnement professionnel;
  • protection spéciale contre le licenciement pour les délégué-e-s syndicaux;
  • création d’une commission paritaire chargée de l’exécution et des contrôles de la CCT.

Tant l’association faîtière «Zu Hause leben» que le syndicat Unia voient dans la nouvelle CCT une étape importante pour la main-d’œuvre, pour les personnes prises en charge comme pour l’ensemble de la branche. «La CCT soumet ce marché à des règles claires et crée des conditions transparentes et équitables au profit des personnes âgées et du personnel d’accompagnement», a déclaré à la conférence de presse organisée à Berne Paul Fritz, chef de la délégation aux négociations de «Zu Hause leben». «Les salaires équitables et le personnel bien formé contribueront à véhiculer une image positive et à instaurer un climat de confiance», a poursuivi Margaretha Stettler, présidente de l’association. Selon Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia, la CCT permettra à tous les acteurs de lutter à armes égales et de «combattre les brebis galeuses exploitant leur main-d’œuvre». Or «les rapports de travail dans les ménages privés, soustraits à l’attention du public, ont besoin d’une protection particulière», a souligné la coprésidente d’Unia.

Les partenaires conventionnels proposeront au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) de déclarer cette CCT de force obligatoire pour toute la Suisse alémanique. Le but étant qu’elle entre en vigueur au plus tard le 1er janvier 2015. Près de 6000 salarié-e-s en profiteraient.

 

Informations complémentaires:

  • Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia
  • Margaretha Stettler, présidente de l’association «zu Hause leben»
  • Paul Fritz, chef de la délégation aux négociations de l’association «zu Hause leben»
  • Christine Michel, membre de la direction du secteur tertiaire du syndicat Unia
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UNICEF – eMEDICS.org parraine plusieurs projets

UNICEF – Faites une donation et protégez les enfants du monde entier, de certaines maladies graves comme la polio.

UNICEF est l’organisation la plus expérimentée pour la mise en place de projets qui sauvent les enfants du monde entier. C’est l’un des principaux organismes d’aide humanitaire et de développement, qui travaille partout dans le monde en faveur des droits de chaque enfant. Les droits de l’enfant commencent avec un hébergement sûr, une bonne nutrition, la protection contre les catastrophes naturelles et les conflits et durent toute la vie : soins prénatals pour une naissance en bonne santé, eau propre et assainissement, soins de santé et éducation.

L’UNICEF s’efforce depuis près de soixante-dix ans d’améliorer la vie des enfants et de leurs familles. Travailler avec les enfants, et pour eux, tout au long de l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte, cela exige une présence mondiale dont les objectifs sont de produire des résultats et de surveiller leurs effets. L’UNICEF mène également des actions de lobbying auprès des dirigeants, des penseurs et des décideurs et s’associe à eux pour aider tous les enfants, notamment les plus défavorisés,  à concrétiser leurs droits.

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Améliorer la santé des enfants est l’une des nombreuses responsabilités relevant de la lutte contre la pauvreté. Des enfants en bonne santé deviennent des adultes en bonne santé, qui améliorent leurs conditions de vie, ainsi que celles de leurs communautés et de leur pays. Améliorer la santé des enfants du monde est un objectif essentiel de l’UNICEF. unicef-8

Depuis nos débuts, nous avons réalisé d’importants progrès dans les domaines de la vaccination, de la réhydratation orale qui sauve la vie des nourrissons atteints de diarrhées graves, de la promotion et de la protection de l’allaitement au sein, de la lutte contre le VIH/SIDA, de l’apport de micro-nutriments et de l’éducation sanitaire. Dans le domaine de la santé, l’UNICEF dispose d’une présence importante à l’échelle mondiale et de solides partenariats avec des gouvernements et des organisations non gouvernementales à l’échelle nationale et communautaire. L’UNICEF comprend les raisons pour lesquelles des enfants meurent. Jour après jour, nous nous employons à apporter des solutions pratiques aux femmes et aux enfants qui courent les plus grands risques. L’UNICEF sait ce qu’il faut faire pour garantir la survie et la santé des enfants et des femmes.

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L’UNICEF lutte contre toutes les menaces pesant sur la santé des enfants – et elles sont nombreuses – en s’appuyant sur sa longue expérience, l’efficacité de son organisation logistique et son ingéniosité.

Faites une donation en achetant un cadeau et sauvez des vies, protégez les enfants et donnez-leur la chance d’aller à l’école.

eMEDICS.org parraine plusieurs projets d’UNICEF Suisse comme le programme de lutte contre l’excision, le fond d’aide d’urgence de l’UNICEF, l’instruction en Inde, l’éradication de la polio… et s’engage à verser 5% de toutes ses ventes à UNICEF.

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LAMal – Le système suisse de santé, vingt ans après

Par Benoît Blanc

LAMal – Où en est le système de santé en Suisse, vingt ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’assurance-maladie (LAMal)?

Quelques «nouvelles», pêchées ces derniers mois, donnent la tonalité au sujet de la LAMal (assurance maladie obligatoire):

  • «Les hôpitaux zurichois investissent des milliards», titre la NZZ (Neue Zurcher Zeitung) le 2 décembre 2015, qui consacre une double page à ce dossier d’intérêt… pour certains. 2,6 milliards en 10 ans, entre 2013 et 2023, pour être plus précis. Alors que le nouveau financement des hôpitaux est entré en vigueur en 2012…
  • Le même quotidien, constatait, une semaine plus tard (9.12) qu’il «règne une ambiance de chercheur d’or parmi les entreprises offrant des soins à domicile. Il n’y a pratiquement aucun autre marché pour lequel les prévisions de croissance soient aussi sûres». Le financement des soins, lui aussi, a de nouvelles bases depuis 2011…
  • Ignazio Cassis, 8 décembre 2015

    Ignazio Cassis, 8 décembre 2015

    Le 18 décembre 2015, la majorité libérale-radicale et UDC (Union Démocratique du Centre) du Conseil national enterrait le projet de loi donnant durablement compétence aux cantons de limiter l’installation de médecins spécialistes. Pour ces secteurs de droite organiquement liés aux caisses maladie – Ignazio Cassis, président du groupe libéral-radical aux Chambres, est président de curafutura, une des deux faîtières des assureurs maladie; le président de santesuisse, l’autre faîtière, étant l’UDC Heinz Brand –, il s’agit de remplacer des «mesures bureaucratiques» de régulation de la LAMal par les mécanismes de marché. Tels que des tarifs plus bas pour les médecins là où leur offre est la plus nombreuse, ou la suppression de l’obligation de contracter (c’est-à-dire l’obligation pour les caisses maladie de rembourser tout médecin habilité à pratiquer). Coïncidence (?), le jour de ce vote, la NZZ publiait le dernier article de sa série «Agenda libéral: ce que la Suisse doit faire» – vade-mecum pour une nouvelle vague de contre-réformes de la LAMal en Suisse – intitulé «Pour un système de santé libéral»: la levée de l’obligation de contracter y est présentée comme la mesure clé pour «ouvrir la voie à plus de concurrence»…

  • Fin septembre 2015, la presse se faisait l’écho du rachat de la chaîne SantéMed, 23 cabinets médicaux appartenant à l’assureur Swica, par Medbase, groupe de 12 cabinets médicaux appartenant à Migros. Il en résulte une entreprise de 35 cabinets de groupes, employant plus de 500 professionnels de la santé dont 217 médecins et 163 physiothérapeutes, contrôlée par le géant orange. Migros pose ainsi un pied, d’éléphant, au cœur de la «médecine libérale»…
  • Autre secteur libéral historique, la pharmacie. En 2014, un tiers des pharmacies n’étaient plus indépendantes et faisaient partie de chaînes. Presque une pharmacie sur cinq appartenait à Galenica, le grossiste des médicaments qui a développé son intégration verticale et possède entre autres les chaînes Amavita et Sunstore.

Le marché, au cœur de la LAMal

La loi sur l’assurance-maladie obligatoire (LAMal), élaborée sous la supervision de la conseillère fédérale «socialiste» Ruth Dreifuss (1er avril 1993 au 31 décembre 2002 et ancienne dirigeante syndicale), est surtout associée au caractère obligatoire de l’assurance-maladie (bien que le taux de couverture était déjà très élevé) et aux primes par tête, indépendantes du revenu et sans «participation patronale», c’est-à-dire sans salaire indirect versé pour couvrir les dépenses de santé.

Une autre dimension de la LAMal, centrée sur le système de santé lui-même, a moins retenu l’attention. Son principe est inscrit à l’article 32, alinéa 1, qui détermine que les prestations prises en charge par l’assurance-maladie obligatoire «doivent être efficaces, appropriées et économiques.» Cela pourrait sembler relever de l’évidence: les traitements remboursés doivent avoir un effet bénéfique (être efficaces), répondre à un besoin (être appropriés) et avoir un coût «raisonnable» (être économiques). En réalité, ce principe tend à faire du «coût» la mesure de toute chose, y compris de ce qui est efficace et approprié. Et il fonde des changements essentiels, comme le nouveau financement des hôpitaux par DRG. La LAMal sanctionne ainsi le ralliement à une tendance lourde, structurée par des organisations comme l’OCDE ou la Banque mondiale, nourrie par une avalanche de production universitaire orthodoxe, visant à imposer l’idée que les instruments de l’économie de marché (prix, profits, concurrence, accumulation «privative» du capital) sont les seuls pertinents pour piloter les politiques de santé. Cette doxa n’exige pas nécessairement que tous les acteurs sur ce marché soient privés; mais tous doivent être «incités» à agir comme des entreprises privées. Le premier pas, indispensable, dans cette direction est de rendre tout mesurable, évaluable, comparable.

Cette orientation pour une contre-réforme structurelle du système de santé s’imbrique avec la contre-réforme fiscale, qui tend à étrangler progressivement les ressources des pouvoirs publics en défiscalisant toujours plus le capital et ses différentes formes de revenus. L’impasse budgétaire justifie d’accélérer la transformation marchande du système de santé, présentée comme le seul moyen d’en «maîtriser» les coûts.

Enfin, il ne faut pas oublier que le système de santé est surplombé par un pôle pharmaco-industriel capitalistique particulièrement puissant et concentré, omniprésent, multipliant les liens d’intérêts à tous les niveaux, et qui n’a pas cessé ces dernières décennies de pénétrer et d’enserrer le monde médical, de la recherche à la formation continue en passant par les recommandations de prescription.

DRGL’industrialisation hospitalière

Le nouveau financement des hôpitaux, par DRG (Diagnosis related Group, ou «Groupe homogène de diagnostic»), est l’exemple le plus avancé de cette orientation. Entré en vigueur en 2012, il combine trois changements majeurs. Premièrement, un (pseudo) prix, harmonisé au niveau national, est attribué à chaque type de prise en charge, regroupés dans environ un millier de Diagnosis Related Groups (DRG). Ces (pseudo) prix, comme tous les prix, ne varient pas en fonction du coût de chaque prestation individuelle; il ne s’agit pas d’une couverture des coûts. La possibilité d’un bénéfice, ou d’un déficit, est ainsi donnée. Deuxièmement, les hôpitaux doivent fondamentalement se financer – y compris leurs investissements – par la vente de leurs prestations, au prix fixé. En principe, il ne doit pas y avoir de couverture de déficit garantie par les pouvoirs publics, même si des systèmes, comme celui des prestations d’intérêt général, peuvent permettre de contourner partiellement cette interdiction. Troisièmement, tous les hôpitaux, publics ou privés, sont formellement placés sur pied d’égalité, en ce sens qu’une fois inscrits sur les listes cantonales hospitalières, ils ont également droit au remboursement de leurs prestations, au même tarif. Corollaire, les patients ont en principe le libre choix de l’établissement où ils se font soigner.

Les effets, en cascade, se nourrissent réciproquement.

  • Une nouvelle carte des hôpitaux apparaît, distinguant les établissements et les activités rentables de ceux qui travaillent à perte.
  • Des mécanismes classiques se mettent de suite en place: spécialisation et/ou recherche de volumes dans les activités rentables; diminution voire abandon de celles qui ne le sont pas; concentration des activités pour bénéficier d’économies d’échelle, standardisation des processus de production des soins. Bref, une industrialisation, revendiquée ouvertement par les partisans de la «réforme» hospitalière.
  • La conduite des hôpitaux et l’état d’esprit qui y préside changent aussi. Les critères économiques sont définitivement aux commandes, les directions médicales subordonnées. Cette «gouvernance» exige de nouvelles marges de manœuvre pour s’adapter au marché: les hôpitaux doivent être des entités indépendantes. Dans le canton de Berne, par exemple, ils ont été systématiquement transformés en société anonyme, même si l’Etat reste pour l’heure l’actionnaire unique. Cela permet, dans un second temps, de «dépolitiser» la politique hospitalière: il n’y a plus de choix politiques, mais des entreprises s’adaptant aux contraintes du marché. La possibilité d’une privatisation ultérieure, partielle ou complète, est également créée.
  • Pour défendre leurs parts de marché et les étendre, les hôpitaux doivent investir, afin d’être concurrentiels en termes d’hôtellerie, d’équipements de pointe, etc. Avant même l’entrée en vigueur des DRG, les acquisitions d’équipements se sont multipliées. L’article de la NZZ, cité en introduction, montre que cette dynamique perdure. Qui dit investissement, dit nécessité d’une marge bénéficiaire suffisante pour les financer. Mais aussi risque de surinvestissement, dans une région ou un segment d’activité. Ce qui peut ensuite entraîner des fermetures d’établissements ou des regroupements.
  • La mise à égalité des hôpitaux privés est fondamentalement une inégalité, puisqu’en général ils ne font pas face aux mêmes contraintes, comme la prise en charge de tout patient qui leur serait adressé. Ils peuvent se concentrer sur les segments rentables, comme de nombreuses interventions chirurgicales planifiables (non liées à une urgence) faites chez des patients ne cumulant pas les maladies. Cela leur garantit, pour le même prix encaissé par les hôpitaux de soins généraux, des «coûts de production» structurellement inférieurs. C’est tout un champ d’investissement et de déploiement rentables qui s’ouvrent ainsi à eux.
  • Les hôpitaux de soins généraux de taille moyenne, devant assurer une couverture complète pour une région, sont souvent les plus en difficulté. Regroupements régionaux, augmentation de la pression interne pour réduire les charges en sont les conséquences. Cela peut contribuer à la marginalisation de régions auxquelles on enlève leur hôpital. Et, en même temps, accélérer la fuite des médecins hospitaliers vers le privé. On se retrouve alors face à une prophétie auto-réalisatrice: la fermeture d’un hôpital était justifiée par une prétendue impossibilité de garantir des soins de qualité; la fuite des médecins réalise cette impossibilité. C’est une dynamique de ce type qui est à l’œuvre depuis des années dans le canton de Neuchâtel, par exemple.
  • Une autre voie, au niveau de chaque établissement, pour réduire les coûts et dégager une marge est de densifier la prise en charge: réduire autant que possible la durée des séjours, les combiner de manière à utiliser au maximum les installations (lits, salles d’opération, etc.). De nouveaux métiers sont apparus: des infirmières planifient désormais à leur admission le parcours de soins des patients, afin d’optimiser l’utilisation des ressources hospitalières. Dans ce cas, c’est le personnel hospitalier, infirmier en premier lieu, qui sert de variable d’ajustement. Cela se traduit par une intensification du travail, une difficulté toujours plus grande à réaliser la part non technique (relationnelle) du travail, pourtant cruciale pour la qualité des soins, et par conséquent par le sentiment persistant de ne pas faire son travail comme il le faudrait. De nombreuses études ont confirmé que cela se traduisait en retour par des soins de moindre qualité. Le patient et son entourage se retrouvent aussi à devoir assumer une part accrue du travail «périphérique» à l’intervention stricto sensu: visites médicales pré-hospitalisation; prise en charge après une sortie rapide de l’hôpital, alors que l’autonomie peut être très limitée, etc. Ce qui va de pair avec un surcroît d’anxiété et de frais.
  • L’incitation de ce nouveau financement à faire du volume dans les domaines rentables, donc à fournir des prestations «inappropriées» pour reprendre le vocabulaire de la LAMal, est évidente et dénoncée par des associations professionnelles de médecins. La surmédicalisation est ainsi nourrie par la diffusion de la logique de marché, ce qui n’est pas vraiment une surprise. La parade est cependant toute trouvée: un surcroît de réglementations, d’indicateurs de qualité, d’analyses du rapport coût-efficacité de telle ou telle intervention. D’une part, cette évolution bureaucratise et «procédurise» encore plus le travail, renforçant le sentiment de dépossession des professionnels. D’autre part, ces systèmes de contrôle (indicateurs de qualité, calcul de coût-efficacité) sont des sous-produits de la logique de l’économie marchande généralisée, empruntés à l’industrie. Ils ne desserrent pas l’emprise de la logique économique, mais au contraire la resserrent.

Un effet, déjà largement acquis, de cet ensemble d’altérations est que le «critère économique» est désormais omniprésent, non seulement dans la conduite des hôpitaux, mais également dans leur fonctionnement quotidien. Une nouvelle «culture» se met ainsi en place, qui imprègne les références, hiérarchise les priorités, délimite les possibles. Cela bien que les effets directs du nouveau financement sur les hôpitaux n’en soient qu’à leurs débuts. Ils vont s’accentuer ces prochaines années, sous l’impact conjugué de la pression à la baisse des assureurs sur le baserate (le coût unitaire du point DRG, pour simplifier), de la crise fiscale des cantons et de l’obligation pour les établissements hospitaliers d’autofinancer de nouveaux investissements. De plus, le modèle de financement par DRG, qui ne s’applique pour l’heure qu’aux soins aigus, sera prochainement étendu à la psychiatrie, quand bien même ce secteur se prête encore moins à ce type de financement.

Reste dans le carton des assureurs et de la droite un grand projet, qui parachèverait la révolution hospitalière: le financement moniste. Actuellement, 55% de la facture hospitalière est financée directement par les cantons, le solde étant payé par les assurances maladie ou les patients. Les assureurs voient dans le financement cantonal direct un obstacle au plein déploiement des «incitations» du marché, freinant la réforme hospitalière. Par exemple, au nom de considérations régionales, des cantons pourraient financer des prestations d’intérêt général «exagérées», «faussant» la concurrence. Un financement passant uniquement par les assureurs donnerait par contre plein pouvoir à ces derniers pour peser sur le devenir des hôpitaux. Pour l’heure, les cantons se sont toujours opposés à cette proposition. Les hôpitaux représentent un poste majeur de leur budget et un enjeu économique, régional, politique trop important. Mais les assureurs ne renoncent pas. Ils misent sur l’aggravation de la crise fiscale des cantons pour construire de nouvelles majorités sur ce sujet.

«Soins en EMS, cinq fois plus chers qu'à domicile» (Tribune de Genève, 19.11.2015)

«Soins en EMS, 5x plus chers qu’à domicile»

Un marché est né: les soins à domicile

On retrouve une dynamique partiellement semblable dans les soins à domicile. L’augmentation du nombre de personnes très âgées et le choix de reculer le plus tard possible l’entrée en établissement médico-social (EMS) – pour des raisons de coûts, du côté des pouvoirs publics, de préférence et de coûts du côté des usagers – font que c’est un secteur en pleine croissance. De 2002 à 2014, l’emploi y a été multiplié par deux.

Or, dans ce secteur historiquement monopolisé par les organisations à but non lucratif, les entreprises privées ont vu leur situation se modifier avec la nouvelle loi sur les soins, entrée en vigueur en 2011: elles ont, elles aussi, été mises sur pied d’égalité avec les organismes à but non lucratif, du point de vue du financement. Ce qui leur a ouvert de nouveaux horizons. Jusqu’alors, les entreprises privées proposaient leurs prestations à des privés, par exemple, les services de «badante» (aides soignantes) polonaises ou ukrainiennes, sous-payées et sur-exploitées, au chevet 24 heures sur 24 de personnes âgées. Désormais, elles peuvent partir à la conquête du marché des mandats publics, pour couvrir les besoins de soins à domicile d’une commune, par exemple, ces dernières étant en Suisse alémanique souvent responsables de ce domaine. Les communes et les cantons, sous pression financière, peuvent évidemment être intéressés par leurs offres, moins coûteuses car reposant fondamentalement sur un degré accru d’exploitation du personnel.

Depuis 2011, l’emploi dans les entreprises privées de soins à domicile a en effet crû nettement plus rapidement que dans les organisations à but non lucratif. Cette concurrence fait pression sur les organisations de soins à domicile historiques et sur leur personnel. Elle se conjugue avec l’intervention des assureurs maladie et des pouvoirs publics pour limiter la croissance des dépenses dans ce secteur. La généralisation du minutage du travail, de son pilotage par tablette, de sa déshumanisation s’inscrit dans ce contexte. Salaires et horaires de travail sont inévitablement également sous pression.

Pharmacies et EMS: changements d’échelle

Les pharmacies et les établissements médico-sociaux (EMS) sont historiquement le domaine de petites entreprises indépendantes. Il n’y avait pas besoin d’y ouvrir d’espace pour le privé, puisqu’il a toujours été dominant (tout en étant subventionné, et donc encadré dans une certaine mesure, pour les EMS). Les mécanismes du marché, dont le tranchant a été accru par une augmentation de la contrainte financière – nouveau mode de remboursement des médicaments pour les pharmacies, pour les EMS, pressions sur le niveau de remboursement des soins par les assureurs et contraintes budgétaires des cantons – ont «simplement» déployé leurs effets logiques et initié un processus de concentration.

Dans la pharmacie, comme indiqué plus haut, celui-ci est déjà très avancé. Les professions de la pharmacie ont été révolutionnées et s’apparentent toujours plus à celles de la vente en grande surface. Pour le public, le rôle de conseil du pharmacien s’étiole.

L'EMS Les Mimosas, à Genthod (GE), «un exemple d'équilibre social»

L’EMS Les Mimosas, à Genthod (GE),
«un exemple d’équilibre social»

Cette évolution n’en est qu’à ses débuts dans le secteur des EMS. Mais elle est «prometteuse». Dans une étude sur «l’avenir du marché des homes médicalisés» parue en 2015, le Crédit suisse n’estimait-il pas à 40 milliards les investissements dans ce secteur d’ici à 2040? Quelle que soit la précision (par définition très discutable) de ce chiffre, cela signifie qu’il y a là des affaires à faire. Et qui se font déjà. Ainsi, le groupe Tertianum, surtout présent en Suisse alémanique et au Tessin, regroupe aujourd’hui 53 établissements accueillant près de 3000 personnes âgées. Depuis 2013, Tertianum est propriété de Swiss Prime Site, la première société immobilière en Suisse, avec un portefeuille d’actifs de 9,9 milliards de francs. D’autres chaînes se développent, comme Senevita, 21 EMS et 2300 lits, qui fait partie depuis 2014 d’ORPEA. ORPEA est un groupe européen d’origine française, coté en bourse, implanté en Belgique, Allemagne, Autriche, Suisse, Espagne, Italie et République tchèque, gérant près de 68’000 lits dans 690 établissements, actif également dans la réadaptation, la psychiatrie et les soins à domicile. De tels acteurs, capitalistiques, vont donc de plus en plus déterminer le développement d’un secteur dont l’importance sociale est croissante, et y façonner les références en termes de conditions d’emploi comme de conditions de séjour.

Médecine libérale, avez-vous dit?

La médecine de ville, ou ambulatoire, peut apparaître moins affectée par ces changements. Le modèle officiel reste celui de la médecine libérale, avec des médecins indépendants, rémunérés à l’acte (tarif tarmed). Les transformations n’ont cependant pas manqué en vingt ans. Et la volonté de les accélérer est là, comme en témoigne la décision déjà évoquée du Conseil national d’enterrer la loi donnant aux cantons la compétence de limiter l’installation de médecins spécialistes. Quatre dimensions dans les changements intervenus ces deux dernières décennies peuvent être mises en évidence.

Premièrement, les assureurs maladies sont rapidement passés à la vitesse supérieure dans le contrôle et la contestation de la facturation des médecins. Avec tracasseries bureaucratiques et sanctions financières à l’appui. Cela a contribué à diffuser un nouvel état d’esprit: se sentant surveillés, nombre de médecins ont intégré des exigences des assureurs.

Deuxièmement, la normalisation des prises en charge et les recommandations, prenant de plus en plus souvent la forme d’évaluations «coût-efficacité» de traitements, par exemple par la Swiss Medical Board, se sont multipliées. Cela contribue également à ancrer la logique économique dans l’approche médicale.

Cet ancrage, troisièmement, peut s’exprimer aussi bien par une approche restrictive pour certaines prescriptions (par exemple, en matière de certificats maladie), que par un engagement à fond pour saisir des opportunités d’affaires, en cabinet de groupe ou en lien avec des chaînes privées.

Quatrièmement, des changements du côté des patients (recul de l’image du médecin de famille, recherche d’horaires étendus en réaction à l’extension des temps contraints par le travail et la pendularité, habitude d’une accessibilité immédiate) comme du côté des médecins (féminisation, recul de la conception vocationnelle de la profession, besoin de mutualiser les frais d’installation) ont conduit à un recul important du cabinet individuel au profit de cabinets de groupes, mais aussi de «centres de soins» de types très divers. A Lausanne par exemple, un groupe comme VidyMed, présent sur trois sites, compte quelque 80 «prestataires de soins», médecins en majorité, actionnaires du groupe, et 180 employés.

L’arrivée de Migros indique un possible passage à autre dimension: le développement de vraies chaînes nationales, en synergie avec les marchés du wellness et du fitness (les centres santé de la Migros sont souvent installés dans/près de centres de fitness du groupe). Un processus analogue à celui qui se déploie dans les soins dentaires pourrait alors voir le jour, avec la multiplication de chaînes plus ou moins low cost devenant la référence pour tout un segment de la «clientèle».

De tels regroupements verraient de nouvelles opportunités se développer si sautaient deux verrous: celui de la liberté de contracter et celui du managed care. La liberté de contracter est au top des contre-réformes voulues: en donnant aux caisses maladie la possibilité de choisir les médecins, et les hôpitaux, avec qui elles travaillent, elle leur donnerait un pouvoir sans commune mesure avec l’actuel pour imposer leurs orientations. De l’autre côté, le managed care, refusé en votation, serait le moyen d’inciter les assurés étranglés financièrement par la hausse des primes maladie d’accepter des prises en charge beaucoup plus standardisées en échange d’une (légère et provisoire) réduction de leurs charges financières.

Jusqu’à maintenant, ces deux projets ont échoué face à l’opposition des médecins et à l’attachement de la majorité de la population au libre choix de leur médecin. La droite et les assureurs maladie comptent sur la pression conjointe de l’augmentation ininterrompue des primes maladie et sur l’exacerbation de la concurrence entre médecins pour sauter cet obstacle.

A Dübendorf, le bâtiment d'Helsana: proche du «Flugplatzkommando»

A Dübendorf, le bâtiment d’Helsana

Assurances: emprise privée
sur une mission publique

Si l’on considère les assureurs maladie, la concurrence accrue voulue par la LAMal a rapidement abouti à une concentration sans précédent de la branche: aujourd’hui, moins de 10 grands groupes (css, helsana, sanitas, mutuel, assura, swica, visana, cpt) dominent complètement le marché, historiquement éclaté entre des dizaines de caisses. Une mission publique – la gestion d’une assurance sociale obligatoire – est ainsi entre les mains d’un oligopole d’intérêts privés. Même si ces gros assureurs sont aussi travaillés par des conflits d’intérêts, se reflétant notamment dans l’existence de deux faîtières, santésuisse et curafutura, la robustesse de leurs relais politiques et leur capacité d’imposer leurs priorités sont tout à fait remarquables. La pantalonnade de l’ordonnance de la loi sur la surveillance des caisses, vidée de son contenu – alors que cette loi avait été présentée par le conseiller fédéral Alain Berset, membre du Parti socialiste, comme une réponse raisonnable à la caisse unique – en est une illustration. De même que l’enterrement du contrôle cantonal sur l’établissement des médecins. Sans parler de leur capacité à étouffer dans l’œuf les tentatives de réforme du système d’assurance, en écrasant les deux initiatives pour une caisse unique.

Alain Berset: le sens de la mesure

Alain Berset: le sens de la mesure

Durant ces 20 années, le système d’assurance maladie avec une prime par tête s’est traduit, pour les assurés, par une hausse interrompue de la charge des cotisations, qui, avec les franchises et la participation aux frais, prennent une part croissante dans le budget des ménages. Cependant, l’éclatement des situations des assurés, découlant des différences entre caisses, entre régions, entre «modèles d’assurance» (niveau de franchise, médecin de famille, etc.) mais aussi du système des subsides liés au revenu (27% des assurés touchent un subside), a neutralisé jusqu’à maintenant le potentiel de mécontentement collectif que pourrait alimenter cette évolution.

L’impasse financière va se renforcer ces prochaines années: la hausse des primes maladie correspondant à l’augmentation des dépenses de santé sera redoublée par l’impact des mesures d’économies des collectivités publiques (diminution de la part cantonale aux subsides, report d’une part croissance des frais sur les usagers des soins à domicile ou sur les résidents en EMS, etc.).

Pour les assureurs et leurs relais politiques, ce cul-de-sac financier est en fait une opportunité: il leur permet de remettre sur la table, avec plus de résonance, des propositions qui, sans cela, n’auraient guère de chance de rencontrer un écho, allant toutes dans le sens d’un desserrement des quelques mécanismes de solidarité présents dans le financement de la LAMal. Le premier pas, concret, est la proposition de diminuer les primes des jeunes, qui serait compensée par une augmentation de celles des personnes plus âgées. Ce qui revient à ouvrir la porte au principe de primes liées aux risques. La question de la réduction du catalogue des soins couverts par l’assurance-maladie est aussi remise sur le tapis, ce qui creuserait l’écart selon le revenu dans l’accès aux soins. A l’horizon se profilent des propositions plus radicales, allant par exemple dans le sens d’une sorte de 2e pilier (c’est-à-dire d’un régime de capitalisation) pour financer les soins des personnes âgées. (6 janvier 2016)

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January 30, 2016 / Posted by / LAMal – Le système suisse de santé, vingt ans après