Questions? Feedback? powered by Olark live chat software Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social. - Emedics.org

eMEDICS.org, votre partenaire TI dans la santé, ERP et formulaires

Heures d'ouverture : Du Lundi au Vendredi - 9.00 à 17:00
  Contact : +41 75 416 4140

Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social.

Par Alexandre Haederli et Catherine Boss, Tribune de Genève

 

Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social.

Une analyse des statistiques des établissements médicaux sociaux révèle que Genève détient le record de Suisse du taux d’occupation. Les données de 2016, les plus récentes, indiquent que l’occupation moyenne des EMS du canton a dépassé les 100%. Un chiffre qui peut s’expliquer par l’ajout de lits temporaires. Tous les cantons romands affichent un taux extrêmement élevé, entre 98% et 100%, largement au-dessus de la moyenne suisse de 94%.

Si la saturation des EMS genevois n’est pas nouvelle, elle n’en est pas moins préoccupante. L’une des conséquences: actuellement 180 personnes séjournent aux Hôpitaux universitaires (HUG) en attendant leur transfert en EMS. Des personnes trop faibles pour être renvoyées chez elles, mais qui n’auraient pas besoin d’être à l’hôpital. Une cinquantaine d’entre elles occupent des lits dévolus aux personnes nécessitant des soins aigus. Les autres ont été placées dans des sortes d’EMS temporaires, créés au sein des HUG. À titre de comparaison, dans le canton de Vaud, le CHUV n’héberge «que» 21 personnes en attente d’un transfert en EMS.

Le Canton se montre serein

De nombreux autres Genevois attendent chez eux une place en EMS. Il n’existe pas de liste d’attente centralisée, mais la Fédération genevoise des établissements médico-sociaux (FEGEMS) estime qu’ils seraient environ 200. «Le problème, c’est que si ces personnes attendent trop longtemps, leur entrée en EMS ne se fera pas dans des bonnes conditions», explique la secrétaire générale Anne-Laure Repond.

La situation ne semble pas préoccuper le Département de la santé (DEAS), qui met en avant une récente création de lits, pas encore prise en compte dans les statistiques fédérales. «Avec 106 nouveaux lits en 2016 et 132 en 2017, l’accroissement du nombre de lits correspond actuellement au besoin de la population âgée», chiffre Laurent Paoliello, secrétaire général adjoint. Une évolution bienvenue, mais insuffisante pour la FEGEMS. «À chaque ouverture d’établissement, la situation se détend pendant deux ou trois mois, mais cela ne dure pas», observe Anne-Laure Repond. Et surtout, aujourd’hui, il n’y a pas ou peu de nouveaux projets – alors qu’il faut facilement compter une dizaine d’années pour les réaliser.

Impact des soins à domicile

«La densification urbaine et le coût foncier élevé du canton de Genève freinent les projets d’investissements immobiliers. En particulier dans le secteur des EMS qui sont des institutions sans but lucratif et pour lesquelles existent des contraintes architecturales», souligne le DEAS. Le besoin en lits sera réévalué lors de la rédaction de la planification sanitaire 2020-2023. Un exercice particulièrement complexe puisque ce développement doit aussi tenir compte du désir d’un nombre important de personnes de pouvoir vieillir à domicile et intégrer le développement des structures dites «intermédiaires», comme les immeubles avec encadrement.

En matière de soins à domicile ainsi que de structures intermédiaires justement, Genève, et plus généralement la Suisse romande, fait figure de pionnière. «D’un côté, c’est un exemple, souligne Andreas Christen, économiste à Credit Suisse et auteur d’une étude sur le secteur des EMS. D’un autre côté, il y a des voix plus critiques qui estiment qu’une occupation trop élevée peut empêcher une concurrence entre établissements du point de vue de la qualité de la prise en charge. Pour les personnes âgées, c’est évidemment mieux d’avoir une certaine liberté de choix.»

La situation genevoise contraste avec celle régnant en Suisse alémanique, où plusieurs cantons ont vu leur taux d’occupation baisser ces dernières années. Selon les experts, c’est encore à Genève que l’offre devrait croître le plus fortement au niveau suisse ces prochaines années. «Avec près de 4000 lits supplémentaires, nous estimons que la région économique de Genève enregistrera la plus grande extension de l’offre d’ici à 2040», écrit Credit Suisse.

April 3, 2018 / Posted by / Plusieurs centaines de Genevois attendent une place dans un établissement médico-social.